La lettre de motivation d’un junior

Auteur : Marie La Fragette
septembre 2011

Comment faire une lettre de motivation quand on n’a, précisément, que sa motivation à vendre ? Lorsque l’on sort à peine de l’œuf, c’est compliqué d’expliquer pourquoi l’entreprise devrait miser sur nous. Et rien ne ressemble plus à un junior qu'un junior. Comment faire pour se valoriser et appuyer sa candidature ?

Les jeunes diplômés aussi doivent faire face aux préjugés des recruteurs. Du style : les jeunes diplômés ne savent pas écrire, sont un peu velléitaires, manquent de pro-activité.

Formalisme sans relief

Evitez les lettres trop formatées que l’on croit recopiées depuis votre module scolaire d’« intégration professionnelle » et essayez de vous distinguer sur le fond. Collectez des informations pertinentes sur l’entreprise et dites avec simplicité pourquoi elle vous intéresse. A la place de « votre entreprise leader sur son marché offre des perspectives de carrières intéressantes dans les métiers de la production », mettez plutôt l’accent sur ce qui en particulier retient votre attention ou est susceptible de le faire dans une entreprise X.

Par exemple : « Votre entreprise, pionnière dans la mise en œuvre des outils de performance industrielle, me permettrait d’approfondir la connaissance de méthodes déjà expérimentées lors de mes stages. »

Cohérence de votre projet

Evitez d’insister sur votre manque d’expérience dans des accroches maladroites du style : « Récemment diplômé de l’ESET, je souhaite m’insérer dans le monde du travail ». Plutôt que de rappeler que vous ne savez rien faire, développez plutôt ce qui vous rapproche : « Récemment diplômé de l’ESET, je souhaite mettre à profit l’expérience acquise lors de mes stages et intégrer un poste de chef de projet marketing ».

Vous pouvez, puisque vous avez peu d’expérience, parler de vos goûts personnels pour justifier votre projet professionnel : « Passionné d’aéronautique, j’ai souhaité orienter mon cursus vers ce secteur en intégrant SUPAERO pour me spécialiser ensuite dans les process industriels. J’ai effectué un stage chez AERIUS, ce qui m’a permis de me familiariser avec la pratique de la méthode Lean. Je souhaiterai poursuivre dans cette voie et c’est pourquoi je postule aujourd’hui en tant que chef de projet amélioration continue. »

Cela ne veut pas dire entrer dans les détails du style : « Déjà, tout petit, j’adorais jouer aux lego ». Un argument, il faut l’avouer, moins percutant pour un DRH.

Qualités personnelles

N’hésitez pas à appuyer votre motivation personnelle en mettant en avant des qualités que recherchent les entreprises chez les juniors :

- L’adaptabilité.

- Le dynamisme.

- L’engagement.

- La souplesse.

Si vous avez peu de stages, vous pouvez évoquer vos expériences extra-professionnelles en employant des tournures telles que : « Mes expériences associatives, telles que, en école, la direction de l’équipe participant à la course croisière EDHEC, m’ont appris à être proactif, polyvalent et tenace. Je sais aller au bout d’un projet, m’investir et fédérer les équipes qui me sont confiées. » Si vous postulez à des postes de management, ce type d’exemple a toute sa raison d’être.

Cela a le mérite de vous faire parler de vous, de ce qui fait votre particularité, sans tomber dans les formules sans fondement. Vous montrez ainsi que vous avez de la ressource et que vous êtes capable de vous intéresser à différentes problématiques et à relever des challenges.

Attention à la forme et au ton

Gardez surtout un ton et une forme irréprochable. L’erreur serait de tomber dans la familiarité en voulant paraître dynamique, ou nonchalant en voulant faire simple. On n’écrit pas « Chère madame », c’est à proscrire, on garde un langage soutenu et une forme selon les règles, avec le corps du texte sur une seule page, la date et le lieu en haut à droite et les coordonnées en haut à gauche.

Faire dans la fantaisie, risque de vous faire passer pour quelqu’un qui a du mal à rentrer dans les règles, à respecter les codes. Ou qui ne les connaît pas. Il ne faudrait pas commencer sur de mauvaises bases…

Marie La Fragette © Cadremploi.fr


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