La lettre pour un cabinet de recrutement ou d’interim

Auteur : Marie La Fragette
septembre 2011

Lorsque vous passez par un intermédiaire, la lettre de motivation sera-t-elle forcément différente ? Comment tenir compte de la particularité de la procédure ? Les consultants ont-ils une approche du candidat différente de celle des RH ? Comment répondre aux attentes d’un cabinet de recrutement ?

Se rappeler que :

Les consultants en recrutement ont un cahier des charges strict, ils ne font pas dans la fantaisie. En outre, ils sont experts en recrutement et non experts dans le métier.

Sachant cela, on va prendre garde dans la rédaction de la lettre à :

- Rester pragmatique : le consultant ne fait pas de cadeaux. Ce n’est pas parce qu’il est fondamentalement borné. C’est parce qu’il est payé justement pour fournir un profil très précis. Son client attend de lui une short list correspondant exactement au cahier des charges. Donc, il ne retiendra pas les profils borderline. Il n’appréciera pas l’originalité. Tâchez au maximum de coller aux termes de l’annonce pour être sélectionné.

- Ne pas rentrer dans des détails très techniques auxquels il ne pipera mot. Le consultant en recrutement de 25 ans qui s’est fait les dents sur des postes de commerciaux avant de décrocher un mandat de directeur de production (ce peut être le cas…) sera assez insensible à votre description du système Kanban. Il va juste chercher à savoir si votre fonction correspond à LA fonction. Soyez donc très clair dans votre description.

Et rappelez-vous que passer par un cabinet de recrutement a des avantages. Vous êtes sûr de tomber sur un œil objectif qui vous sélectionnera selon un cahier des charges et non selon un ressenti subjectif.

Attention à la forme

Si le recrutement passe par un cabinet, c’est que le poste a été formalisé et a fait la plupart du temps consensus en interne avant d’être confié à un cabinet. Il est donc illusoire de vouloir forcer les portes. Vous ne gagnerez rien à enjoliver votre lettre de superlatifs. Gardez en vue que le consultant est dans une logique de sélection, qu’il dispose de peu de temps pour juger.

L’information doit être claire, la lecture facile. Soyez scolaire. C’est à dire, extrêmement pointilleux sur la forme, l’orthographe, la ponctuation. Que ce soit pour les marges ou pour les formules de politesse, soyez attentif à respecter les codes.

Jouer le jeu

Si le recrutement passe par un conseil, adressez bien votre lettre au consultant en charge de la mission. Vouloir court-circuiter le cabinet pour vous adresser en direct à l’entreprise est une fausse bonne idée. Quand un cabinet obtient un mandat, souvent, le contrat stipule que toute candidature interne doit être lui être retransmise. Vous pourriez être mal vu.

Pensez à formuler différemment la partie « entreprise ». Vous écrirez « Votre client est une entreprise reconnue dans la prestation de services informatiques », par exemple. Parlez au cabinet comme si c’était l’entreprise finale a un côté un peu naïf et montre que vous n’avez pas bien lu l’annonce. En revanche, n’écrivez pas au cabinet dans un but utilitaire « pour d’autres postes au cas où ».

Lettre ciblée

Quand vous postulez pour une annonce donnée, faites le avec une lettre particulièrement ciblée pour l’annonce. Evidemment, si votre profil peut correspondre à d’autres offres, le consultant vous le fera savoir en temps utile, de lui-même (c’est son intérêt). Il n’est pas rassurant pour un cabinet de présenter un candidat qui semble postuler tout azimut. Engagez-vous dans une procédure à la fois.

A partir du moment où vous avez reçu une réponse négative, évidemment, vous pouvez faire connaître votre intérêt/disponibilité pour d’autres fonctions. Les cabinets sont souvent spécialisés par secteurs et si vous avez été correct et professionnel dans la procédure, les consultants apprécieront de vous positionner sur d’autres opportunités.

Marie La Fragette © Cadremploi.fr


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